La ville de Prilly propose un espace d’exposition totalisant plus de 100 mètres de cimaises réparties sur 4 niveaux. L’Ouest lausannois s’enrichit d’un nouveau lieu, « ESPACE EQUINOXE ».

Entièrement réhabilité, l’édifice privilégie les arts visuels.

ESPACE EQUINOXE est le résultat d’une collaboration entre la Ville de Prilly et Stratosensu, association suisse de plasticiens professionnels active dans de nombreux projets culturels, en particulier dans l’Ouest lausannois. Cette collaboration vise à renforcer la dimension culturelle de l’image de Prilly et à visibiliser Stratosensu, désireuse de défendre la cause d’artistes professionnels et de faciliter l’accès de leur travail au public.

mercredi 21 septembre 2016

Exposition Equinoxe d'automne 2016

Dominique Gigante, Serena Martinelli, Christiane Jaques


 
Exposition Equinoxe d’automne à Prilly
Trois artistes unis par la passion de l’estampe et de la nature

Pour son exposition d’automne, l’Espace Equinoxe, au Château de Prilly, accueille Christiane Jaques, Serena Martinelli et Dominique Gigante. Les trois artistes, qui vivent et travaillent en Pays de Vaud, ont notamment pour dénominateur commun la pratique assidue de l’estampe et de la gravure au sein d’un même atelier. Ils mènent en effet leurs recherches à l’Atelier Raymond Meyer à Pully et Lutry. A leurs côtés, le taille-doucier, imprimeur et éditeur n’a de cesse de les pousser vers l’excellence, c’est-à-dire dans leurs derniers retranchements pour révéler en eux les moments précis où l’acte de création devient une respiration, une pensée, une émotion, une étincelle de vie. Les artistes se retrouvent aussi dans le regard que chacun d’entre eux porte sur la nature et l’organisation du monde.
Christiane Jaques présente une série de gravures – pointe sèche et carborundum - inspirée des Galápagos. Lors d’un voyage dans cet archipel de l'Équateur, elle s’est enfoncée dans la mangrove. Fascinée par cet écosystème de marais maritime, elle a réalisé des photographies sur le terrain. Elle en a tiré ensuite un magnifique travail mettant en exergue l’aspect primitif et sauvage de ce biotope caractérisé par une végétation enchevêtrée qu’elle décrit comme «des îles et des jardins qui sortent de la mer». Christiane Jaques arpente par ailleurs très régulièrement le Jardin botanique de Lausanne. L’occasion là aussi de s’attarder sur la structure des végétaux, sur la façon dont ils s’entremêlent, laissent passer la lumière ou deviennent les vecteurs de ses émotions. Les gravures de Christiane Jaques transmuent la nature en une trame sensible sur laquelle s’agrippent les secrets d’un chemin de vie oscillant entre exploration et poésie.
Pour Serena Martinelli, la gravure avec Raymond Meyer est «une véritable découverte de liberté». Ses estampes mélangent plusieurs techniques qui s’enrichissent mutuellement, comme la peinture, le collage, la pointe sèche. Le rythme de création à l’origine de ces travaux résultant d’une suite d’essais que l’artiste qualifie d’«al dente» est également essentiel. Serena Martinelli passe en effet d’une phase de travail lente, où le geste, l’émotion, la spiritualité sont intériorisés, comme dans la série Présence d’esprit, à des séquences qui sont, au contraire, «de l’énergie sauvage à l’état brut», à l’exemple de Monastero. Pour prendre la mesure de la pensée et de la matière, en saisir l’épaisseur, la texture et le relief, l’artiste trace sa route étape par étape, à la rencontre du monde. De ce cheminement exigeant et rigoureux naît une force de création inépuisable. Les estampes qu’elle expose témoignent de cette quête passionnante la poussant sans-cesse à se poser des questions nouvelles, à aller voir de l’autre côté de la montagne. Sa quête l’entraîne d’ailleurs régulièrement au cœur de la nature et jusque dans le désert saharien.
Dominique Gigante crée des matrices en aluminium ou en plexiglas sur lesquelles courent des traces à l’aquarelle, se superposent des collages et des signes, tandis que des lignes deviennent le trait d’union entre la nature et l’homme. L’artiste, qui privilégie la pointe sèche pour ses estampes, aime décliner l’idée du leporello dont la découverte et la lecture peuvent se faire de manière séquentielle, ou qui se dévoile en un seul coup d’œil. Oscillant entre l’humain et la nature appréhendée à travers des fragments de végétaux ou des paysages - les deux formant un tout indissociable - chaque gravure de Dominique Gigante est une histoire en soi, un monde prêt à se déployer, à livrer ses secrets et à jeter un pont entre le présent, le passé et le futur. Révélant un univers à la fois poétique, théâtral, musical et visuel, les recherches de Dominique Gigante font également la part belle à la spontanéité du geste et au hasard. Chaque gravure est unique, explique l’artiste. «Son tirage est un moment de grande complicité avec Raymond Meyer, car c’est comme un cadeau qu’il me fait, que je reçois comme tel et que je veux ensuite partager avec d’autres. Nous sommes des passeurs. Nous offrons des séquences de vie et d’amour.»
Armande Reymond
Article à paraître dans la revue pharts et dans le Prill’Héraut

Les jeudis du Château de Prilly, à 19h

Jeudi 29 septembre, 19h
NAMRATA PAMNANI
Voyage sonore

Jeudi 6 octobre, 19h
ANNE BREGANI
Choix de poèmes lus par l'auteur

Jeudi 13 octobre, 19h
DELPHINE HORST
Choix de textes lus par l'auteur

Jeudi 20 octobre, 19h
ANNE BREGANI et DELPHINE HORST
Porte ouverte à la poésie
Votre voix, un poème de votre choix

Jeudi 27 octobre, 19h
DANIEL BARBEZAT
Choix de compositions interprétées par l’auteur

Jeudi 3 novembre, 19h
ANNE BREGANI
Nouveau choix de poèmes lus par l'auteur

Jeudi 10 novembre, 19h
ANNE BREGANI et DELPHINE HORST
MARINA TSVETAEVA
Choix de poèmes lus par Anne Bregani et Delphine Horst

Jeudi 17 novembre, 19h
ANNE BREGANI et DELPHINE HORST
Atelier de poésie des classes d'accueil d'EVA PARASKEVOPOULOS
Professeur de français langue étrangère.
Choix de poèmes lus par Anne Bregani et Delphine Horst

samedi 10 octobre 2015

Exposition Equinoxe d'automne 2015

Peintures de Marie-Claire Pillard, Pastels et encres de Chine de Daniel Albert, Pastels de Mado Howald


Espace Equinoxe
Trois destins – Trois chemins de création

Pour la rentrée d’automne, l’Espace Equinoxe, présente trois artistes disparus, dont deux d’entre eux avaient de fortes attaches avec la commune de Prilly: Mado Howald, Marie-Claire Pillard. Le troisième, Daniel Alber, résidait à St-Croix. Grâce aux responsables et animateurs de ce magnifique espace situé dans le Château, le public découvre l’itinéraire pictural de créateurs guidés par la nécessité de s’engager sur des territoires inconnus, de se révolter contre les conventions et de donner à leur art de nouvelles formes d’organisation. Les visiteurs de cette exposition partagent aussi le destin de ces plasticiens dont l’œuvre participe au rayonnement culturel de la ville de Prilly.

Mado Howald (1930-2011)
Née à Avenches en 1930, et habitante de Prilly de 1955 à 2011, année de son décès, Mado Howald étudie entre 1947 et 1951 à l’Ecole des arts appliqués de Lausanne. Parallèlement, elle suit à l’Ecole des beaux-arts (ECAL), l’enseignement de Marcel Poncet et de Casimir Reymond. Elle approfondit encore et toujours son art en explorant plusieurs techniques et moyens d’expression. Pastel, peinture à l'huile, dessin, tapisseries, décoration d'objets artisanaux, pyrogravure, contribuent à forger une œuvre riche, vivante, sereine, où les formes dansent avec les couleurs, où les sujets figuratifs - natures mortes, paysages - oscillent avec les espaces abstraits rythmés par la lumières et les textures. Comme beaucoup de peintres, Mado Howald est attirée par la lumière du Sud, ce qui la conduit à faire de très nombreux séjours dans la Drôme où elle s’immerge dans le paysage. Elle participe à la vie créatrice des ateliers de la Communauté artistique de Piégon. Régulièrement présente aux cimaises de la Galerie d’Arfi à Denges/St Sulpice, elle est lauréate du Grand prix du jury du Ve Salon international de la peinture figurative mis sur pied sous l’égide d’Arfi.

Marie-Claire Pillard (1957-2013)
Née à Lausanne où elle a suivi l'Ecole des beaux-arts (ECAL), Marie-Claire Pillard a passé la moitié de sa vie à Prilly, de 1984 à 2011. Durant son existence brutalement interrompue par une profonde dépression, l’artiste a déployé une exceptionnelle énergie créative doublée d’un engagement pédagogique passionné. Parallèlement à ses recherches picturales personnelles, elle n’a en effet eu de cesse de partager avec les autres les secrets de son métier, en particulier dans son Atelier du Tilleul où elle organise des sessions de cours. Marie-Claire «peint des fragments d'espaces où le spectateur est tantôt confronté à des murs, tantôt face à des ouvertures telles que portes, fenêtres et corridors», écrit Jacqueline Roche-Meredith. «Contrairement à ce que l'on pourrait croire, son œuvre ne se cantonne pas à la figuration, elle investit le terrain de l'abstraction grâce aux textures qui prennent une place prépondérante dans sa création. Murs, tissus, bois, miroirs, tableaux et tapis sont autant de surfaces qui montrent de façon ostentatoire le geste de l'artiste avec ses rythmes», précise l’historienne de l’art.

Daniel Alber (1953-2009)
«Petit garçon, le bien le plus précieux de mon père, son trésor, était une boîte de crayons de couleurs. Elle lui permettra de gagner, avec sa classe, un concours de dessin organisé dans le cadre de l’Exposition de 1964, avant que sa maîtresse ne la lui confisque pour ne jamais la lui rendre…», témoigne Cédric, le fils de Daniel Alber. Mais la passion étant plus forte que les obstacles, et malgré une vocation contrariée ensuite par son entourage qui l’oblige à devenir électricien, Daniel Alber tient bon. A 41 ans, il entre à l’Ecole supérieure d’arts visuels de Genève où il ressort, diplômé, en 2000. L’artiste, né en 1953 Sainte-Croix, ne cessera dès lors de peindre et de dessiner. Bien que torturé par la dépression et usé par de gros problèmes cardiaques qui finiront par l’emporter, le peintre travaille sans relâche. «Avec ses fameux crayons, il couvre des milliers de cartes postales, donnant vie à un univers naïf et onirique. Sur des plus grands formats, il peint à l’encre de Chine les angoisses qui le rongent. Il revisite le visage du Christ dans une série qui dérange. Il lit et s’inspire de Arthaud, Cioran ou Breton. Il écrit des milliers de poèmes. Son art est sériel, obsessionnel», écrit Cédric Alber. (AR)

Espace Equinoxe à Prilly

Vernissage le 23 septembre 2015 dès 18h30



mercredi 17 septembre 2014

Exposition Equinoxe d'automne 2014.
Sculptures de Patricia Pittet et estampes de Barbara Bonvin